Ferme Auberge de France, le vrai terroir est à Guignen (35)

En cette période estivale, je vous propose une plongée en plein terroir. C’est dans le fin fond de l’Ille-et-Vilaine, à Guignen plus précisément, que se niche la Ferme Auberge de France. Le nom, qui en dit déjà long, n’est pas usurpé et il sera difficile de trouver circuit plus court tant la priorité est mise sur le fait-maison avec des produits du jardin et du poulailler.

C’est un peu de chez soi que l’on retrouve quelques secondes après avoir foulé la porte de la Ferme Auberge. Avec de beaux murs en pierres, deux grandes cheminées, de vastes tables en bois massif et une collection d’objets anciens, elle a tout de la résidence bretonne d’antan.

restaurant de cuisine traditionnelle en ille et vilaine

Accueilli avec le sourire par l’adorable fille des maîtres de maison et assis sur de rustiques chaises en bois et paille, on se sent de suite comme dans un cocon. Le voyage à la campagne peut commencer. Sans concession, j’opte pour la formule entrée-plat-dessert pour 19 petits euros, ce qui se révèlera en définitive être une idée moyennement bonne. Vous comprendrez vite pourquoi. :p

Si les plats proposés sont très basiques, on ne peut que saliver à l’idée des versions réalisées par Françoise (qui forme un tandem de choc avec son mari, Josic). Il est temps de choisir entre la classique salade de chèvre chaud ou l’implacable quiche tomates-courgettes. Mais ce sont les terrines qui retiennent mon attention. Et il serait bien dommage de s’en priver compte-tenu des accompagnements.

Mon accompagnatrice et moi-même réalisons que nous ne repartirons pas avec la faim lorsque paraissent nos terrines mais également un plateau de tomates du jardin, un innocent bol de carottes râpées et un pot de cornichons. Comme prévu, les terrines sont excellentes, préparées avec beaucoup d’amour mais l’essentiel, contre toute attente, ne se trouve pas là. Non, le vrai tour de force réside dans nos anodines petites carottes râpées que je redécouvre, profondément traumatisée par des années de cantine scolaire. Je réinitialise mon palais et pars en voyage au pays de la carotte sucrée comme un fruit et de l’assaisonnement à la précision chirurgicale. Une tuerie en somme dont je ressors fébrile (mais les terrines étaient excellentes vraiment).

entrées faites maison à la ferme auberge france à guignen

Terroir toujours avec l’opulente frigousse de volaille bretonne en plat de résistance. Quasiment disparue du paysage culinaire durant plusieurs siècles, la frigousse a retrouvé ses lettres de noblesse dans les années 90 avec la création du très sérieux Ordre de la Frigousse rennais. Les principes sont clairement énoncés : la frigousse est un mélange de viandes revenues dans du beurre, puis mouillées au cidre.

La frigousse de Guignen fait la part belle à la volaille avec du canard et de la pintade accompagnés de châtaignes et de champignons frais. Sont servis à part un délicieux gratin dauphinois et des carottes vapeur à la hauteur des précédentes (le goût, toujours le goût). Amateurs de viandes tendres, passez néanmoins votre chemin. Étant un plat à cuisson lente et longue, notre volaille tend à être un peu (trop ?) ferme sous la dent. L’ensemble est on ne peut plus roboratif avec finalement une préférence pour des garnitures sans fausse note.

plat traditionnel breton ferme auberge de france guignen

La fameuse frigousse

accompagnement au plat de résistance à la ferme auberge de france à guignen en ille et vilaine

Gratin dauphinois, force brute

accompagnement de la frigousse à la ferme auberge de france en bretagne

Simple is best

Nous sommes déjà plus que rassasiées mais devons pourtant assurer la dernière étape qui, sur le papier, semble surmontable. Le crumble aux fruits rouges aurait effectivement pu nous permettre de clôturer ce repas sur une note plus légère. Certainement oui, si nous avions dîné dans un bistrot parisien. Mais nous ne sommes pas à Paris et le dessert aussi doit tenir à l’estomac. C’est le postulat de notre crumble…

dessert à la ferme auberge de france à guignen en bretagne

Servi dans une cassolette, le crumble ci-dessus est une portion pour une personne. Vous avez bien lu. Nous sommes de suite partagées entre effroi et irrésistible envie d’y plonger nos cuillères. Après quelques minutes passées à jauger la situation pour finalement conclure que ce crumble finirait pour moitié dans un doggy bag, nous nous décidons.

La cuillère à peine posée, je réalise que la recette a été revisitée avec la présence d’une croûte de pâte sablée solide et épaisse posée sur les fruits. Si la consistance peut surprendre au début, je reconnais que cette version propose un jeu de textures intéressant témoignant de la générosité de la cuisine de Françoise. Côté fruits, il y a peu à dire. On sent de suite leur grande fraîcheur. Leur qualité permet presque de s’affranchir du sucre en quantité très anecdotique ici. Un joli dessert en somme mais qui s’adresse aux courageux (probablement comme les autres desserts). Les plus gourmands se régaleront certainement avec le gâteau au chocolat, l’entremets ou le far breton.

La Ferme Auberge propose donc une jolie cuisine aux accents bretons avec une véritable exigence de qualité. Avec ses produits frais venus du potager mais également de fermes voisines ainsi que son cadre 100% champêtre, elle constitue une étape très plaisante pour les gros estomacs avides d’une cuisine fière de ses racines.

Prévoyez un tupperware, un GPS et un seul repas dans la journée. 😉

Ferme Auberge de France
Lieu-dit France
35580 Guignen
Tél : 02 99 92 05 56

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