Dersou, la cuisine fusion au pinacle (Paris 12ème)

Dans la lignée de l’émergence de la « nouvelle cuisine », la cuisine fusion a connu ses heures de gloire dans les années 80 et 90, permettant à des chefs du monde entier d’exprimer leur créativité pour le meilleur… et parfois pour le pire.

Le soufflé depuis longtemps retombé, la cuisine fusion tend à s’illustrer par des mélanges intéressants sur le papier mais souvent décevants dans l’assiette.

Vous l’aurez compris, je me méfie de la cuisine fusion comme de la peste. Mais quand une amie d’amour (en qui j’ai une confiance culinaire aveugle) me parle de Dersou et de son chef japonais, je n’hésite pas une seconde. Après tout, il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis.

Nous pénétrons donc dans un lieu au look industriel et totalement tendance où le chef et ses comparses, que je pense japonais eux aussi, s’affairent derrière le bar.

A la carte : tonkotsu ramen au porc ibérique, pita d’agneau tomate/chili, sashimi-don (sans saumon s’il vous plait !), burrata et haricots verts ou encore curry de poularde. Nous voilà en un instant citoyens du monde.

Je m’attaque plus sobrement au plat le plus accessible du restaurant à savoir la salade d’Annie Bertin, asperge blanche, ricotta et abricot (14 euros tout de même).

salade au restaurant dersou à parisQui est Annie Bertin ? L’une des productrices de Dersou tout simplement. Il semblerait bien que l’on puisse cuisiner fusion tout en restant local et de saison. Une bonne nouvelle.

Une jolie salade de jeunes pousses et fleurs fraîches me parvient. Formidable me direz-vous un peu déconcertés. Et vous auriez raison… si nous n’étions pas chez Dersou car on tient ici une salade tout simplement fantastique.

Les jeunes pousses y sont naturellement poivrées et l’assaisonnement parfait. Mais surtout, elles cachent de tendres asperges blanches mêlées à une ricotta onctueuse. Un diamant brut.

Mes accompagnateurs ne sont pas en reste avec le sashimi-don thon rouge, mulet noir et œufs de truite, aussi beau que bon (20 euros). Regardez-moi ces couleurs :

sashimi au restaurant dersou à paris

Ou encore les inari-sushi (feuilles de tofu mariné et riz à sushi) revisités à l’asperge verte et aux petits pois (6 euros en accompagnement) :

inari sushi au restaurant dersou à paris

J’opte de mon côté pour l’okonomiyaki ou omelette japonaise qui, si elle n’égale toujours pas ses homologues du nippon, s’en sort avec une belle mention (5 euros) :

omelette japonaise au restaurant dersou à paris

Côté sucré, pas de place pour la tergiversation puisque le choix ne se limite qu’à deux propositions. Ce qui est on ne peut plus normal puisque le dessert n’est pas encore très répandu sur les tables asiatiques.

Les fraises glace au lait, scone et crème de persil (8 euros) me semblent tout indiquées. Sûr de son talent, le chef ne s’encombre pas de fioritures et nous présente ses produits pour ce qu’ils sont. C’est à la fois doux et frais, sucré et végétal, moelleux et fondant. Bref 100% gourmand.

dessert au restaurant dersou à paris

Malgré un ticket d’entrée un peu élevé, il est de mon devoir de vous recommander Dersou tant le perfectionnisme et le talent du chef s’expriment dans les moindres détails.

Si vous en avez la possibilité, les accords mets & cocktails en 5, 6 ou 7 étapes devraient probablement vous faire vivre une expérience hors du commun. Prévoyez néanmoins un budget minimum de 95 euros pour l’aventure qui, paraît-il, est inoubliable.

P.S : réservation sinon rien. 😉

Dersou
21 Rue Saint-Nicolas
75012 Paris
Tél : 09 81 01 12 73

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Laisser un commentaire